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Puisque l’on a été privé de l’enquête de jacques cardoze sur les travers de France Télévisions, on attendait avec impatience celle de la commission d’enquête sur la neutralité du service public. On trouve d’ailleurs beaucoup de similarité entre d’une part, l’enquête de jacques Cardoze dont des extraits seront repris dans un documentaire à venir et bientôt diffusé sur CNews et d’autre part les travaux de cette commission d’enquête parlementaire.

Présidée par le Ciottiste Charles Alloncle, cette commission se déroule dans un climat de grandes tensions. Acculée sur la question de la gestion de finances catastrophiques, Delphine Ernotte a refusé de reconnaître, lors de son audition, sa responsabilité dans la quasi-faillite du groupe, alors que « plusieurs rapports pointent pourtant une gestion non pilotée » ajoute le député. Ernotte préfère en attribuer la cause à l’État, en affirmant que les dotations auraient baissé depuis 2015. Pourtant, ces dotations ont bien augmenté de 19 millions d’euros en dix ans.

Elle ne voit aucun inconvénient à ce que des centaines de millions d’euros d’argent public soient versés chaque année à la société de production Mediawan, détenue très majoritairement par le fonds américain KKR et surtout pilotée par le trio Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel, Mathieu Pigasse, tous proches du président Emmanuel Macron…

Drôle de conception de la neutralité… 

Autre échange tendu lorsque la présidente a refusé de divulguer les avantages d’Arnaud N’Gatcha directeur des opérations spéciales et adjoint d’Anne Hidalgo. Là aussi pour la neutralité, il y a de quoi s’interroger. Comment peut-on avoir deux casquettes d’importances au sein de deux institutions sans que cela puisse soulever de questions déontologiques ?

Elle prétend que « son salaire public est une information privée »  Or un dirigeant de France TV ne peut et ne doit ignorer les contrats de ses directeurs dixit la Cour des comptes qui appelle à une réforme « sans délais »

Malgré ce déficit de 81 millions d’euros et des entorses répétées au pluralisme Delphine Ernotte percevra une prime de performance de 78 000 euros à laquelle s’ajoute son salaire de 322 000 euros. 

Argent, neutralité et gouvernance… 

Tels sont les trois axes majeurs de cette commission. Sur la question de l’orientation et des biais politique, Delphine Ernotte a choisi… de ne pas répondre !! face à la représentation nationale. Aberrant.

Par exemple sur le fait que Caroline Roux ait pu inviter Mathieu Pigasse dans l’émission politique « l’évènement » tout en cachant aux téléspectateurs que Pigasse est un proche du président de la république et un des principaux actionnaires de Mediawan ? une société qui reçoit tous les ans 100M€ du service public pour produire notamment « C dans l’Air » présenté par… Roux Caroline !!

Les choix très contestés de la plateforme Slash posent également question : Sur ce point, Delphine Ernotte assume tout de la plateforme Slash destinée aux jeunes, y compris les appels aux dons pour la famille d’Adama Traoré ce qui en principe est une entorse à la charte des journalistes. Comme a pu le révéler un collectif de citoyens « Touche pas à ma redevance » qui avait déjà alerté le gendarme de l’audiovisuel sur les travers et les biais idéologiques de cette plateforme dont le rapporteur estime qu’elle est à l’origine d’une centaine de violation éditoriale.

L’estocade a été portée par Anne Sicard, la députée proche de Marion Maréchal à Delphine Ernotte, Présidente de France TV : « Madame, quand on choisit ce qu’on montre et ce qu’on cache, quand on falsifie des images, quand on transforme des bourreaux en victimes, ce n’est pas de l’information, c’est de l’opinion ! »

Les conclusions de cette commission sont attendues pour le mois de mars 2026.

Et d’ici là CNews se sera fait un plaisir de diffuser une enquête accablante signée du producteur Guillaume Genton sur la gestion du groupe France-Télévision. Une enquête qui reprend donc des entretiens réalisés par jacques cardoze en 2023. La guerre des chaines est loin d’être terminée…