L’augmentation de la demande en chips sur le marché français a conduit plusieurs acteurs industriels à adapter leurs capacités de production. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de concurrence européenne et de structuration des filières agricoles nationales. Les investissements dans de nouveaux outils industriels visent à répondre aux volumes attendus tout en maintenant des capacités de transformation localisées à proximité des bassins de production de pommes de terre.
Les unités de production existantes implantées en Bretagne et en Ardèche fonctionnent à des niveaux de charge élevés. Cette situation limite les marges de manœuvre industrielles pour répondre à de nouveaux contrats, notamment dans le cadre de productions pour marques de distributeurs. L’augmentation des capacités de production apparaît ainsi comme un levier stratégique pour préserver des volumes de fabrication sur le territoire national face à une concurrence étrangère structurée.
Déploiement d’une nouvelle capacité de production en Bretagne
Dans ce contexte d’évolution des volumes, Altho développe ses capacités industrielles avec la création d’une nouvelle unité de production implantée à proximité immédiate de son site historique de Saint Gérand Croixanvec dans le Morbihan. Ce projet vient compléter les sites existants de Saint Gérand Croixanvec et du Pouzin en Ardèche, dans une logique de continuité territoriale et de synergies industrielles.
La nouvelle unité de production est conçue pour accompagner la croissance des volumes de fabrication associés à la marque Brets ainsi qu’aux productions destinées aux marques de distributeur. L’implantation de ce site vise à accroître les capacités de transformation sur le territoire breton, avec une montée en charge progressive des lignes de production à partir de 2026.
Capacité de production et organisation logistique
La mise en service de la nouvelle unité s’accompagne d’une montée en charge progressive des capacités de production, avec l’installation d’une première ligne de friture en 2026 et l’implantation d’une seconde ligne envisagée en fonction de l’évolution de la demande. Cette organisation permet d’adapter l’outil industriel aux volumes observés sur le marché, tout en conservant une flexibilité opérationnelle.
Le projet intègre également la création d’un outil logistique centralisé destiné à regrouper les flux de production des différentes unités. La mise en place d’un entrepôt automatisé de grande hauteur permet de rationaliser les flux internes, de limiter les stockages extérieurs et d’optimiser la gestion des stocks. Cette organisation logistique contribue à la réduction des flux de transport internes entre les sites de production.
Intégration des enjeux environnementaux dans l’outil industriel
La conception de la nouvelle unité de production intègre des dispositifs techniques visant à réduire l’impact environnemental des activités industrielles. Les équipements sont dimensionnés pour améliorer l’efficacité hydrique, avec des systèmes de filtration et de réutilisation de l’eau permettant de réduire la consommation par kilogramme de chips produites. Les effluents sont orientés vers des dispositifs de traitement existants sur le territoire, avec des possibilités de réutilisation de l’eau traitée pour certains usages.
La valorisation des déchets organiques issus de la transformation de la pomme de terre est intégrée au schéma industriel par le recours à des installations de méthanisation. Les coproduits de production sont orientés vers des filières de valorisation énergétique, contribuant à la production de gaz renouvelable utilisé pour couvrir une partie des besoins énergétiques des sites industriels.
Structuration des approvisionnements et sécurisation des filières
Le développement des capacités industrielles s’accompagne d’une structuration renforcée des filières d’approvisionnement en matières premières. L’organisation des approvisionnements repose sur des partenariats agricoles contractualisés, permettant de sécuriser les volumes de pommes de terre nécessaires à l’alimentation des lignes de production. Ces partenariats visent à maintenir une traçabilité des matières premières et à structurer les flux entre les exploitations agricoles et les unités industrielles.
En complément de la filière pomme de terre, le développement d’outils de transformation des huiles végétales sur le territoire breton permet de renforcer l’indépendance des approvisionnements en huile de tournesol. L’implantation d’une unité de raffinage locale vise à assurer une continuité d’approvisionnement en huile destinée aux procédés de friture, avec une organisation logistique intégrée entre les sites de trituration, de raffinage et de transformation industrielle.
Ancrage territorial et structuration économique locale
L’implantation de nouvelles capacités industrielles en Bretagne s’inscrit dans une logique d’ancrage territorial. Le choix de localiser la nouvelle unité à proximité du site historique de Saint Gérand Croixanvec permet de consolider la présence industrielle dans le centre Bretagne et de maintenir les activités de transformation à proximité des bassins agricoles partenaires.
Le projet industriel participe à la structuration économique locale par le développement de relations avec des fournisseurs régionaux, des prestataires techniques et des filières agricoles contractualisées. Les investissements réalisés contribuent à renforcer l’écosystème industriel et logistique du territoire, tout en maintenant des capacités de production localisées en zone rurale.